Mercredi 13 août 2008

Avec Marie

 

 

L’Assomption de Marie, c’est l’exaltation de Celle qui, du Ciel, veut maintenant nous obtenir toute grâce. Elle nous invite à nous confier à ses mains très pures pour la rejoindre dans sa plénitude.

C’est cette confiance éperdue que nous enseigne aussi le Père Maximilien Kolbe dont nous fêtons le martyre en la veille de l’Assomption.

L’amour sans restriction que Maximilien Kolbe vouait à la Vierge Immaculée a été le ressort de toute son existence. Enfant, il reçut d’elle une grâce sur laquelle il s’est toujours montré discret : Marie lui a présenté deux couronnes, l’une blanche et l’autre rouge symboles de la pureté et du martyre, il choisit les deux. Cette grâce orientera sa vie jusqu’au sacrifice héroïque que l’on sait.

En 1917, devenu franciscain, il fonde « la Mission de l’Immaculée » par laquelle il va se consacrer à répandre l’Evangile à partir du culte marial. Son dévouement à servir l’Immaculée est sans mesure –excessif disent certains. Mais pour le Père Kolbe, un tel amour pour la Vierge ne peut en aucun cas faire obstacle à l’adoration que nous devons au Seigneur. Bien au contraire, puisque Jésus nous a été donné par Marie et qu’Il nous l’a Lui-même donnée pour mère. Il écrivait : « Plus quelqu’un appartient à l’Immaculée, plus il peut s’approcher librement et en toute confiance des plaies du Sauveur, de l’Eucharistie, du Cœur Sacré de Jésus, de Dieu le Père. »

Maximilien s’est fait instrument entre les mains de Marie et elle ne lui a rien refusé. Qu’on en juge à l’impressionnante fécondité de son action.

En 1922, pour travailler à l’Evangélisation, il publie une revue mariale dont le développement se révèle extraordinaire. Alors, il fonde « Niepokalanow », Cité de l’Immaculée au service de la Presse, d’où sortiront un quotidien à cent cinquante mille exemplaires et des mensuels au tirage d’un million d’exemplaires !

Cette œuvre attire des vocations franciscaines par centaines.

Mais son zèle missionnaire ne se limite pas à la Pologne et il fonde au Japon une Cité mariale semblable qui connaît aussi un étonnant essor. Puis il jette ses regards sur l’Inde, la Chine…

Mais voici la guerre et la barbarie nazie. Déporté à Auschwitz, il continue au sein de l’horreur de diffuser autour de lui le parfum apaisant de l’Evangile, à travers l’amour de l’Immaculée. Sa charité va culminer dans ce geste suprême du don de sa vie en échange de celle d’un autre. Grâce à lui, le « bunker de la faim », lieu de la plus terrible atrocité qui résonnait des cris désespérés de ses pauvres victimes, va résonner de cantiques à la Reine des martyrs et devenir le lieu du plus sublime héroïsme. Il y meurt après deux semaines d’agonie en la veille de l’Assomption 1941.

Avec Marie, il est allé jusqu’au bout du don de lui-même et il s’est conformé à Jésus dans une imitation peut-être indépassable. Par les mains de Marie, il a rejoint son Seigneur dans la radieuse clarté céleste.

Oui, la Vierge glorieuse est bien l’échelle blanche qui conduit au Cœur du Christ.

Soeur Marie Paul GIRAUD
Bénédictine de Venière
par Diocèse d'Autun
Vendredi 8 août 2008

Une femme de pardon

Parcours biographique

La vie de Jeanne Frémyot de Chantal fut aussi tourmentée que trépidante. Car, comme nous allons le voir, jamais l’épreuve n’épargna cette « Bonne Dame » si charitable envers les pauvres, si sensible et pleine de vie. Née en 1572, dans une famille de la haute société dijonnaise, orpheline de mère, la petite Jeanne reçut de son père une solide éducation chrétienne. Lorsqu’elle atteignit l’âge de 20 ans, elle fut, selon les coutumes en vigueur à l’époque, mariée à un baron : Christophe de Rabutin-Chantal duquel elle eut quatre beaux enfants. Un profond et véritable amour unissait ces deux êtres ; tant et si bien que le baron de Chantal, qui fut un temps volage, sacrifia une brillante carrière à la cour royale afin de mieux se dédier à sa petite famille et sa « chère moitié ». Ce bonheur conjugal ne dura pas. En 1601, Christophe meurt des suites d’un accident de chasse. Dans l’excès de sa douleur, notre jeune veuve devra attendre la rencontre et la sollicitude de saint François de Sales pour qu'elle puisse en toute vérité faire son deuil.

Entre temps Jeanne Frémyot de Chantal se consacrera aux pauvres et à diverses œuvres de charité. Sous les caprices de son vieux beau-père qui menaçait de déshériter les enfants de son défunt fils pour en gratifier sa servante maîtresse, elle se résigna à quitter son beau château de Bourbilly pour la gentilhommière de Monsieur de Chantal, à Monthelon, tout près d'Autun. Là elle y rencontrera la persécution et l’humiliation, ainsi que la tyrannie d’un directeur spirituel sans sagesse.

Ce n’est qu’en 1604, durant une retraite de carême que Jeanne de Chantal reconnut, sans l’avoir jamais vu, celui qui deviendra son directeur et « unique Père », Saint François de Sales. De cette amitié spirituelle naîtra, en 1610, la congrégation de la Visitation sainte Marie, laquelle sous les pressantes incitations de Monseigneur de Marquemont, évêque de Lyon, sera érigée en Ordre formel avec clôture papale. Jeanne de Chantal en sera la fondatrice et première Mère. C’est sous le nom de Jeanne-Françoise de Chantal que la première visitandine mourut et fut canonisée. A sa mort, l’Ordre de la Visitation est un bel arbre aux 80 ramures.

Un pardon difficile

Il est un trait caractéristique de la sainteté de Jeanne-Françoise qui ne retient pas habituellement l’attention des fidèles chrétiens mais cependant eut un impact décisif au procès de sa canonisation…

Nous sommes en 1601, Monsieur de Chantal, son époux, décide une partie de chasse avec son cousin : Monsieur d’Alenzy. Là, ce fut le drame…l’arquebuse de Monsieur d’Alenzy se débanda et porta un coup fatal au baron de Chantal. Monsieur de Chantal, dans un abandon héroïque à Dieu, pardonna de tout son cœur à son meurtrier involontaire, mais il faudra davantage de temps à notre jeune veuve avant de prendre le chemin du pardon et de se relever de sa douleur.

Devant son amertume tenace, Saint François de Sales lui écrira un jour, au sujet d’une éventuelle entrevue avec le cousin meurtrier : « …s' il se présente, je veux que vous lui portiez à l’entrevue un cœur doux, gracieux et compatissant. Sans doute votre cœur se remuera et se renversera, votre sang bouillonnera. Mais qu’est-ce que cela ? »

Autrement dit, le pardon commence par une décision volontaire, il se prend au niveau de la volonté qui est une faculté spirituelle et non au niveau de la sensibilité et de ses fluctuations. Cette décision ouvre à la grâce divine qui seule guérit les cœurs brisés et restaure l’homme dans son intégrité. Jeanne de Chantal s’ouvrira si bien à la grâce qu’elle acceptera même d’être la marraine de l’un des enfants de Monsieur d’Alenzy.

Elle sera alors en mesure de faire véritablement le deuil de son époux.

Sr Maryam-Valérie, v.s.m
Soeur de la Visitation
Paray le Monial

par Diocèse d'Autun
Dimanche 13 juillet 2008

                    "La semence qui porte du fruit"

Benoît XVI dans un appel à tous les chrétiens, a montré l’importance de la « lectio divina » pour devenir « Serviteur de la Parole ».

En ce 15è Dimanche où l’Evangile de Mathieu 13,1-23 nous invite à écouter Jésus nous dire en paraboles « beaucoup de choses », nous allons assister à une leçon de choses pour faire une vraie Lectio divina.


Jésus va nous prévenir que la bonne terre, c’est l’homme qui entend la Parole et la « comprend » ! Nous voilà au cœur de la Lectio divina :

                        - Ecouter ;

                        - Entendre ;

                        - Comprendre.


J’ai donc essayé d’écouter
la Parole de Dieu de ce Dimanche !
Ce n’était pas difficile car le début de l’Evangile m’y invitait :

   « Jésus sort de la maison…

                     était assis au bord du lac, il monta dans la barque où il s’assit !

Avec la foule j'écoutais… « ces beaucoup de choses » qu’il leur disait en paraboles » ! J’ai bien écouté cette parabole du « grain ». J’ai imaginé le semeur avec son geste de « semeur ».

Puis j’ai essayé d’entendre… ! Alors, à chaque cas d’espèce, je me sentais interpellée ! Et toi ? Comment est ta terre ? Alors je me suis mise à entendre beaucoup de choses !
Mais curieusement, je fus attirée par la fin de l’Evangile où l’on entend le poids que Jésus donne à la Parole, ce petit grain, si fragile qu’il peut vite être étouffé et en mourir…

Après avoir écouté…et entendu, il faut « comprendre » !

C’est maintenant le travail de la communion au texte, de l’ouverture à d’autres textes qui vont éclairer celui-là. C’est ce qu’il m’est arrivé de faire. 

Continuant ma lectio, l’Hymne à l’Amour de St. Paul aux corinthiens (1.13) est venu à mon esprit. En effet on peut écouter, sans comprendre ; c’est l’avoir fait sans l’Amour ! St. Paul nous le dit bien « sans l’Amour je ne suis qu’un airain sonnant »… Ce grain tombé en terre c’est bien l’Amour !
Il est facile alors de prendre conscience que, pris dans les broussailles, l’amour va étouffer et s’éteindre !!!
En essayant toujours de comprendre… la Parole, je perçois plus clairement, que finalement, l’entendre et la comprendre, c’est parce que, étant l’Amour, elle peut porter cent pour un !
Mais un autre texte très ancien datant du 4ème siècle avant J.C a poussé encore plus loin ma lectio : il s’agit d’un mystique chinois : « Mangzi ». Il avait déjà composé une hymne à l’Amour ! Petite graine magnifique préparant celle de St Paul ! Son titre : « les germes de l’humanité » annonce les qualités de l’amour humain, avant même que St. Paul ne chante les qualités de l’Amour divin.

«  Sans un cœur qui compatit à autrui

on n’est pas humain

Sans un cœur empreint de modestie et de déférence

on n’est pas humain,

Un cœur qui compatit

est le germe du SENS DE L’HUMANITÉ !!! 

… faire cela c’est être comme le feu qui prend ».

Ecouter, entendre, comprendre, ces trois verbes expriment bien notre « lectio », dont le cœur est l’Amour !

Cependant il me restait quelque chose à apprendre : c’est que l’Amour s’il est vrai « rassemble » ! Là encore un texte lu au hasard est venu me pousser plus loin !

Dans un monastère de Basse Egypte, lors d’une visite, en 2008, faite par des moines et des moniales à un monastère copte, une expérience fort intéressante a été faite. Ces moines coptes s’étaient rassemblés de plusieurs monastères n’ayant pas la même Règle. Ils ont finalement trouvé leur unité dans la Charité fraternelle !!!

Ainsi, il est bien vrai que le grain que le Seigneur est venu semer en « notre terre », c’est bien : L’AMOUR !

 
Sœur Agnès SCHOCH
Bénédictine de Venière.

par Diocèse d'Autun
Lundi 7 juillet 2008

CHEMIN DE PAIX :

 

QUELS OBSTACLES, QUELS APPUIS, EN NOUS ET AUTOUR DE NOUS ?

Saint Benoît dans sa Règle de vie nous dit : " Garde ta langue du mal et tes lèvres du mensonge. Détourne-toi du mal et fais le bien. Cherche la Paix, poursuis-la. "
Nous sommes des chercheurs de Dieu, des poursuivants de la paix, de cet art de vivre en hommes, en femmes, certes, mais surtout en fils et en filles de Dieu, en frères et en sœurs de Jésus : " Heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu. "

Donc, notre APPUI, c'est le Christ, la Parole de Dieu entendue chaque jour, accueillie, aimée, ruminée dans son cœur, qui va s'épanouir en prière de louange, d'offrande, de supplication et qui nous convertit.
Cette Paix est DON DE DIEU, nous la recevons du Père, par son Fils Jésus-Christ et par l'Esprit sanctificateur qui nous transforme peu à peu.
" C'est la paix que je vous laisse, c'est ma paix que je vous donne ; ce n'est pas à la manière du monde que je vous la donne."
(Jean 14,27)
" Dans le monde, vous trouverez la détresse, mais ayez confiance : moi, je suis vainqueur du monde " (Jean 16,39). Voilà le message que le Christ nous a laissé.

Mais nous le savons, sur ce chemin de la Paix, se dressent des OBSTACLES. Ils ont leurs racines d'abord en nous : l'orgueil, l'égoïsme, l'endurcissement du cœur, la violence, le refus du pardon, etc…

Nous avons donc à mener en nous un rude combat, un combat spirituel, c'est-à-dire à " changer notre cœur de pierre en un cœur de chair ", à vaincre le mal par le bien," afin que la paix gagne peu à peu notre cœur profond et que, pacifiés, nous soyons aussi des patients et des pacificateurs. »
Le combat entre les forces du mal en nous, "c'est la guerre la plus rude" selon le patriarche Athénagoras. "Il faut arriver à désarmer" disait-il.


Et comment vivre ce désarmement entre nous ?


·        Par le respect de nos différences, me semble-t-il. Etre à l'écoute de l'autre et non en opposition à l'autre. Ne jamais donner une fausse paix. Lorsque " la vérité et l'amour se rencontrent ", comme dit un psaume, " justice et paix s'embrassent ".
 

·        Par la bonté du cœur et la simplicité. Frère Roger de Taizé a écrit : " peu à peu montait en moi la conviction qu'il était essentiel de créer une Communauté avec des hommes décidés à donner toute leur vie, et qui cherchent à se comprendre et à se réconcilier toujours : une Communauté où la bonté du cœur et la simplicité seraient au centre de tout ". Et St Benoît qui veut sauvegarder avant tout la paix et la charité dans la communauté termine ainsi sa Règle :

" Ils s'honoreront mutuellement de prévenances, ils supporteront entre eux les infirmités physiques et morales, nul ne cherchera ce qu'il juge utile à soi-même mais ce qui l'est à autrui ".
 

·        Par la bienveillance, la miséricorde, la compassion. A ce sujet, je retiens cette parole de Patrice Cholcholsky * : "Dans la riche tradition et expérience des grandes religions de la planète, il s'avère que la miséricorde est le mot-clé et l'expérience incontournable". La compassion lui est intimement liée.
 

La paix retrouvée avec Dieu, avec soi-même, avec tous ceux parmi lesquels nous vivons, c'est la Charité vécue en communauté, en famille, en église, dans le monde.

St Benoît demande à ses disciples en cas de discorde, de rétablir la paix avant le coucher du soleil. Nous cueillons alors les fruits de la paix dans l'Esprit-Saint : " charité, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance dans les autres, douceur, maîtrise de soi ". (Gal.5, 22)


Que le Seigneur conduise nos pas dans le chemin de la Paix.

Sœur Marie-Joseph RODUIT
Abbaye Notre-Dame de Venière
25/05/2008



 
* Aux sources de la miséricorde, approche chrétienne et interreligieuse  Patrice CHOLCHOLSKY (Nelle Cité)

 

 

 

par Diocèse d'Autun
Samedi 15 mars 2008

PÂQUES ! CHRIST EST RESSUSCITÉ, ALLÉLUIA !
par
Sœur Anne-Marie, Bénédictine de Venière


paque.jpg(peinture de Soeur Marie-Madeleine, Abbaye de Venière)





Vendredi-Saint : "PRO NOBIS, POUR NOUS"
par Soeur Marie-Pascal, Abbaye Notre Dame de Venière

vendredi_saint.jpg
(céramique - Abbaye de Venière) 





Les Sept Merveilles du Jeudi-Saint
par Sœur Agnès SHOCH, Bénédictine de Venière

jeudi_saint.JPGCélébration eucharistique ND Venière avec Mgr Rivière - 21 octobre 2007

par Diocèse d'Autun
 
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