Lundi 28 janvier 2008
undefinedNous venons de fêter saint François de Sales qui fut évêque de Genève résident à Annecy de 1602 à 1622. Il nous sera bon de recueillir quelques enseignements tombés de sa plume.
 
Bien avant le Concile Vatican II, une de ses particularités en tant qu’évêque est d’inviter tous les chrétiens à avancer sur le chemin de la sainteté. C’est à cette fin qu’il a écrit «  l’Introduction à la vie dévote », nous dirions actuellement «  Introduction à la vie spirituelle ».
 
Nous en citons un extrait du chapitre III intitulé : 
 
 « Que la dévotion est convenable à toutes sortes de vocations et professions »
  
       Dieu en la création commanda aux plantes de porter leurs fruits, chacune selon son genre : de même, il commande aux chrétiens, qui sont les plantes vivantes de son Eglise, de produire des fruits de dévotion, chacun selon sa situation et ses activités.
      Cette vie spirituelle doit être différemment exercée par le gentilhomme, par l’artisan, par le valet, par le prince, par la veuve, par la jeune fille, par la femme mariée – n’oublions pas que François de Sales écrit au XVIIème siècle ; et non seulement cela, mais il faut encore en accommoder la pratique aux forces, aux affaires et aux devoirs de chacun.
François de Sales interpelle ses lecteurs à l’aide d’exemples tirés de la vie courante : « Je vous prie, dit-il, serait-il à propos que l’Evêque voulût être solitaire comme les Chartreux ? Et si les gens mariés ne voulaient rien amasser non plus que les Capucins, si l’artisan était tout le jour à l’Eglise comme le religieux, et le religieux toujours exposé à toutes sortes de rencontre pour le service du prochain comme l’Evêque, cette dévotion ne serait-elle pas ridicule, déréglée et insupportable ?
 
      Non, la vie spirituelle ne gâte rien quand elle est vraie, mais elle perfectionne tout, et lorsqu’elle se rend contraire à la légitime vocation de quelqu’un, c’est qu’elle est fausse. « L’abeille dit Aristote, tire son miel des fleurs sans les altérer », les laissant entières et fraîches comme elle les a trouvées ; mais la véritable vie spirituelle fait encore mieux, car non seulement elle ne gâte aucune vocation, ni aucune profession, mais au contraire elle rend chacun plus agréable en ses affaires, de plus elle les orne et les embellit...
       C’est une erreur, même une hérésie, de vouloir bannir la vie spirituelle des compagnies de soldats, de la boutique des artisans, de la cour des princes, du ménage des gens mariés. Il est vrai que la vie contemplative et religieuse ne peut être exercée dans ces vocations-là, mais en plus de ces sortes de spiritualité, plusieurs autres sont propres à conduire à la perfection ceux qui vivent dans le monde. Où que nous soyons nous devons aspirer à la vie parfaite.
 
undefined       Maintenant interrogeons saint François pour savoir ce qu’est la vraie dévotion ou vie spirituelle. Cependant avant de nous dire ce qu’elle est, il nous dit ce qu’elle n’est pas, en illustrant comme toujours son propos par des exemples. Chapitre I du même livre.
« de même qu’il n’en existe qu’une seule vraie et qu’il en est une grande quantité de fausses et vaines, vous pourriez vous tromper et perdre le temps à suivre quelque spiritualité imaginaire et superstitieuse. Chacun considère la dévotion selon sa passion et sa fantaisie. Celui qui est adonné au jeûne se considérera comme spirituel à condition de jeûner, bien que son cœur soit plein de rancune... Un autre estimera qu’il est spirituel parce qu’il dit beaucoup de prières chaque jour, quoique après cela sa langue se répandra en paroles fâcheuses et injurieuses envers ses domestiques et ses voisins. Un autre fait volontiers l’aumône aux pauvres, mais de la bourse de son cœur il ne tirera aucune douceur de pardon pour ses ennemis, etc.

      La vraie et vivante dévotion présuppose l’amour de Dieu et elle n’est rien d’autre qu’un véritable amour de Dieu. Ce n’est pas toutefois un amour ordinaire... ; mais un amour parvenu au degré de perfection auquel non seulement il nous fait bien agir, mais encore nous fait agir soigneusement, fréquemment et promptement, alors il s’appelle dévotion.

Les Soeurs de la Visitation Sainte Marie 
de Paray le Monial

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par Diocèse d'Autun
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