Jean 11, 1-45
Extraits de retraite au Vatican de Frère René Voillaume Ed. Fayard
… Nous arrivons à un des sommets de la vie de Jésus, une des plus émouvants : la résurrection de Lazare. Celui-ci était un ami de Jésus : au point qu’en apprenant la mort
de Lazare, Jésus est ému, il pleure, alors même qu’il sait qu’il va le ressusciter. Ceci nous étonne. Oserais-je dire que ceci nous rassure aussi, car la mort reste la mort, un mystère bien
effrayant, même dans la lumière de Jésus, même si on est l’ami de Jésus et qu’on sait devoir être ressuscité par lui. Cet évènement est aussi un point culminant de la vie de Jésus, parce que la
Passion est toute proche ; Jésus semble attacher à ce miracle une importance particulière pour la foi de ses apôtres, au point qu’il leur dit : « Je me réjouis pour vous de
n’avoir pas été là, pour que vous croyiez. » La résurrection de Lazare fit un bruit considérable à Jérusalem, et on venait de partout pour voir le « ressuscité ». Mais Jésus est
tout près de l’heure de sa mort. La Cène est là, avec ses longues confidences de Jésus : « Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviendrai vers vous, vous me verrez parce que je vis
et que vous vivrez. » Paroles que les apôtres n’ont pas comprises plus que les autres à ce moment là, car ils ne croyaient pas en la mort de leur Maître. Et lorsque Jésus avait fait allusion
à sa résurrection en disant détruisez ce temple et je le relève en trois jours », cette parole était demeurée pour eux une parole fermée. Cependant la tristesse commençait à s’emparer d’eux,
car ils sentaient confusément que quelque chose de grave allait arriver. Ils savaient qu’on recherchait leur Maître pour l’arrêter : « Vous aussi maintenant vous êtes tristes, mais je
vous reverrai et votre cœur se réjouira, et votre joie nul ne pourra vous la ravir. » La joie promise par Jésus, celle que nul ne peut nous ravir, n’est-ce pas la joie de savoir Jésus
ressuscité ?
…..Je ne crois pas qu’on doive être pessimiste sur notre temps. Cependant il reste de toute manière à trouver un point de rencontre entre cet homme nouveau, cette créature nouvelle
que doit être tout chrétien baptisé dans la mort et la résurrection du Christ, et dont nous parle Saint Paul, et cet homme moderne tel qu’il est forgé par une civilisation qu’il doit apprendre à
dominer, à maîtriser. C’est là qu’il nous faut découvrir un chemin qui permette cette rencontre. Et il nous faut commencer par nous éduquer nous-mêmes, afin de savoir, à la lumière du Christ,
comment nous conduire au sein d’une telle civilisation.
…Il me semble utile de mettre ainsi en parallèle, d’une part le mystère de la mort du Seigneur et celui de sa résurrection, et d’autre par, le monde tel qu’il est, avec ce drame
intérieur de l’homme moderne, drame qui ne saurait se résoudre sans la participation à la mort et à la résurrection de Jésus. L’homme ne doit-il pas vivre de telle sorte qu’il puisse devenir apte
à être ressuscité un jour dans la gloire du Christ ? Faute d’un enseignement suffisant, trop de chrétiens seraient peut-être enclins à penser qu’étant dès maintenant participants de la
résurrection de Jésus, ils n’ont plus à faire cet effort de mort à soi-même. La résurrection n’est en nous qu’à l’état d’une semence qu’il faut faire grandir. Personne ne saurait nous dispenser
de la lutte intérieure, et chaque fois qu’il y a abandon de cette lutte, il s’ensuit une dégradation de l’homme.

René Voillaume (1905-2003) Profondément marqué par la spiritualité de Charles de Foucauld, est le fondateur des Petits Frères de Jésus et des Petits Frères de
l’Evangile.
Pour toute une génération de prêtres, de religieuses, mais aussi de laïcs, il demeure l’auteur du livre Au cœur des masses publié en 1950 aux du Cerf. Il est également l’auteur
d’une vingtaine d’ouvrages.
Pour mieux connaître frère René Voillaume, Marcel Launay présente le portrait de ce fondateur aux éditions du Cerf : René Voillaume contemplation et action
Réflexion proposée par Pte sr Nicole Bernadette
Petites Soeurs de Jésus