Lundi 7 juillet 2008

CHEMIN DE PAIX :

 

QUELS OBSTACLES, QUELS APPUIS, EN NOUS ET AUTOUR DE NOUS ?

Saint Benoît dans sa Règle de vie nous dit : " Garde ta langue du mal et tes lèvres du mensonge. Détourne-toi du mal et fais le bien. Cherche la Paix, poursuis-la. "
Nous sommes des chercheurs de Dieu, des poursuivants de la paix, de cet art de vivre en hommes, en femmes, certes, mais surtout en fils et en filles de Dieu, en frères et en sœurs de Jésus : " Heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu. "

Donc, notre APPUI, c'est le Christ, la Parole de Dieu entendue chaque jour, accueillie, aimée, ruminée dans son cœur, qui va s'épanouir en prière de louange, d'offrande, de supplication et qui nous convertit.
Cette Paix est DON DE DIEU, nous la recevons du Père, par son Fils Jésus-Christ et par l'Esprit sanctificateur qui nous transforme peu à peu.
" C'est la paix que je vous laisse, c'est ma paix que je vous donne ; ce n'est pas à la manière du monde que je vous la donne."
(Jean 14,27)
" Dans le monde, vous trouverez la détresse, mais ayez confiance : moi, je suis vainqueur du monde " (Jean 16,39). Voilà le message que le Christ nous a laissé.

Mais nous le savons, sur ce chemin de la Paix, se dressent des OBSTACLES. Ils ont leurs racines d'abord en nous : l'orgueil, l'égoïsme, l'endurcissement du cœur, la violence, le refus du pardon, etc…

Nous avons donc à mener en nous un rude combat, un combat spirituel, c'est-à-dire à " changer notre cœur de pierre en un cœur de chair ", à vaincre le mal par le bien," afin que la paix gagne peu à peu notre cœur profond et que, pacifiés, nous soyons aussi des patients et des pacificateurs. »
Le combat entre les forces du mal en nous, "c'est la guerre la plus rude" selon le patriarche Athénagoras. "Il faut arriver à désarmer" disait-il.


Et comment vivre ce désarmement entre nous ?


·        Par le respect de nos différences, me semble-t-il. Etre à l'écoute de l'autre et non en opposition à l'autre. Ne jamais donner une fausse paix. Lorsque " la vérité et l'amour se rencontrent ", comme dit un psaume, " justice et paix s'embrassent ".
 

·        Par la bonté du cœur et la simplicité. Frère Roger de Taizé a écrit : " peu à peu montait en moi la conviction qu'il était essentiel de créer une Communauté avec des hommes décidés à donner toute leur vie, et qui cherchent à se comprendre et à se réconcilier toujours : une Communauté où la bonté du cœur et la simplicité seraient au centre de tout ". Et St Benoît qui veut sauvegarder avant tout la paix et la charité dans la communauté termine ainsi sa Règle :

" Ils s'honoreront mutuellement de prévenances, ils supporteront entre eux les infirmités physiques et morales, nul ne cherchera ce qu'il juge utile à soi-même mais ce qui l'est à autrui ".
 

·        Par la bienveillance, la miséricorde, la compassion. A ce sujet, je retiens cette parole de Patrice Cholcholsky * : "Dans la riche tradition et expérience des grandes religions de la planète, il s'avère que la miséricorde est le mot-clé et l'expérience incontournable". La compassion lui est intimement liée.
 

La paix retrouvée avec Dieu, avec soi-même, avec tous ceux parmi lesquels nous vivons, c'est la Charité vécue en communauté, en famille, en église, dans le monde.

St Benoît demande à ses disciples en cas de discorde, de rétablir la paix avant le coucher du soleil. Nous cueillons alors les fruits de la paix dans l'Esprit-Saint : " charité, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance dans les autres, douceur, maîtrise de soi ". (Gal.5, 22)


Que le Seigneur conduise nos pas dans le chemin de la Paix.

Sœur Marie-Joseph RODUIT
Abbaye Notre-Dame de Venière
25/05/2008



 
* Aux sources de la miséricorde, approche chrétienne et interreligieuse  Patrice CHOLCHOLSKY (Nelle Cité)

 

 

 

par Diocèse d'Autun
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